* FTK : tonnes‑kilomètres de fret – Source des données : IATA.
La demande mondiale de fret aérien, exprimée en tonnes-kilomètres de fret, a nettement rebondi en juin 2026, avec une croissance de 8,5 % en glissement annuel. Cette évolution s'explique en partie par la poursuite de la reprise des compagnies du Moyen-Orient, qui étoffent progressivement leur réseau malgré la persistance des incertitudes géopolitiques, « mais aussi par les solides performances enregistrées en Amérique du Nord », souligne l’IATA.Le redressement est d’ailleurs encore plus significatif à l’international, avec une croissance de 9,6%. L’IATA note cependant que cette vigueur contraste avec la modération des commandes à l’exportation. « Cela indique que les flux de fret ont été tirés par la demande et façonnés par des mouvements urgents de stockage de produits liés à l’IA et aux semi-conducteurs », estime l’Association.
La reprise est aussi variable selon l’origine géographique des compagnies. Les transporteurs nord-américains se sont distingués, avec une croissance de 17,1 % en glissement annuel. Les transporteurs d’Asie-Pacifique ont aussi maintenu un rythme soutenu de 9,6 %, tout comme les transporteurs européens (+7,2 %). Les compagnies du Moyen-Orient ont pour leur part poursuivi leur redressement avec une hausse de 5,6%, mais le rétablissement du trafic n’est que progressif, le conflit au Moyen-Orient restant encore d’actualité.
Offre
Les compagnies aériennes s’en tiennent à une politique très prudente en matière d’offre. En juin, les capacités ont augmenté beaucoup moins vite que la demande, avec une croissance de 4,4% en glissement annuel.
Cumul annuel
Pour les compagnies aériennes, le premier semestre se solde par une croissance du trafic de 4,9% et une offre en progression de 2,1%, ce qui crée un équilibre plutôt favorable aux compagnies. Le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, en engendrant une contraction brutale de l’offre, a été un tournant décisif. Le coefficient de remplissage affiche une amélioration de 1,4 point à 51,9% sur les liaisons internationales.
* FTK : tonnes‑kilomètres de fret – Source des données : IATA.
La détente provisoire constatée au mois de juin sur les cours du pétrole a calmé la flambée de prix du fret aérien. Le cours moyen du Brent a baissé d’environ 20 % par rapport au mois de mai pour s’établir à 85,5 dollars le baril, et le kérosène a diminué de 28,5 dollars par baril d’un mois sur l’autre, pour s’établir à une moyenne de 129,5 dollars. Sur une base annuelle, toutefois, le kérosène a augmenté de 45,8 %, et le Brent de 19,6 %.
Compte tenu du poids du carburant dans les coûts d’exploitation, cette évolution a un impact immédiat sur les taux de fret aérien. La recette unitaire moyenne s’est repliée de 1,2% par rapport à mai, s’établissant à environ 3,21 $/kg, ce qui représente en revanche une hausse de 34% en glissement annuel.
Selon les données de WorldACD, les tarifs moyens sur l’ensemble du marché ont progressé d’environ 33% en glissement annuel, tant pour le mois de juin que pour l’ensemble du deuxième trimestre. Les tarifs moyens du deuxième trimestre se situent également bien au-dessus de ceux du premier trimestre (+28 %), illustrant l’impact du conflit au Moyen-Orient sur le marché du fret aérien.
En juin, l’indice PMI mondial de la production manufacturière a reculé de 0,5 point à 53,0. Il reste donc nettement en territoire d’expansion. En revanche, l’indice PMI des nouvelles commandes à l’exportation a reculé de 0,1 point à 49,4, marquant ainsi un quatrième mois consécutif de contraction. Ces indicateurs témoignent donc d’une activité manufacturière résiliente, mais d’une croissance modérée du commerce mondial de marchandises.
Dans un communiqué publié en juillet, les économistes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont aussi annoncé s’attendre à une contraction plus marquée des flux commerciaux au Moyen-Orient d'ici la fin de l'année, compte tenu de l’évolution du conflit. Mais dans le même temps, la croissance devrait être plus forte que prévue en Asie et en Amérique du Nord. La demande en infrastructures d’IA, en technologies numériques et en mobilité électrique stimule en effet la croissance des biens à forte intensité technologique. Selon les données de l’UNCTAD, les échanges ont augmenté de 38 % pour les minéraux critiques, de 25 % pour les semi-conducteurs, de 15 % pour les batteries, de 14 % pour les produits des technologies de l’information et de la communication et de 11 % pour les véhicules électriques au premier trimestre 2026.
Si l’environnement économique global est pénalisé par les conséquences du conflit au Moyen-Orient, la forte croissance constatée dans ces secteurs spécifiques offre des perspectives plutôt favorables à l’industrie du fret aérien, car il s’agit de produits à valeur ajoutée, et qui doivent en général être acheminés dans des délais assez rapides compte tenu de la forte croissance. Certes, les compagnies aériennes devront composer avec une hausse des coûts liée au prix du carburant, mais globalement, le contexte leur offre des opportunités de croissance rentable, qu’elles gèrent d’ailleurs finement en maîtrisant les capacités.