* FTK : tonnes‑kilomètres de fret – Source des données : IATA.
La demande mondiale de fret aérien, exprimée en tonnes-kilomètres de fret, a progressé de 3,9 % en glissement annuel, et de 4,7 % sur les seules liaisons internationales. Si la croissance ralentit, elle reste néanmoins solide, et profite par ailleurs aux compagnies aériennes de toutes les zones géographiques.
Offre
La capacité, mesurée en tonnes-kilomètres de fret disponibles, a augmenté de 1,7 % par rapport à juillet 2025 et de 1,8 % pour les opérations internationales. Cette hausse très modérée permet au coefficient de remplissage de progresser de 1 point globalement pour atteindre 46 %, et de 1,4 point à l’international (51,5 %).
Cumul annuel
En cumul annuel à fin juillet, le trafic mondial de fret aérien affiche une croissance de 4,6 %, pour une offre en hausse de 1,9 %. Seules les compagnies du Moyen-Orient, directement affectées par la guerre dans le golfe Persique, ont subi une érosion de trafic entre mars et juin, qui n’a pas été compensée par les résultats de janvier, février et juillet.
* FTK : tonnes‑kilomètres de fret – Source des données : IATA.
En juillet, le cours moyen du Brent s’est établi à 83,4 $/baril, en repli de 2,5 % sur juin mais toujours 17,5 % au-dessus de juillet 2025. Mais en raison des tensions sur les capacités de raffinage, le prix mondial du kérosène a bondi de 12,2 % sur un mois et de 56,9 % en glissement annuel, à 145 $/baril.
Cette hausse a un impact sur les surcharges carburant, et par voie de conséquence sur les taux de fret. Selon l’IATA, la recette unitaire moyenne était en augmentation de 24,7 % en glissement annuel au mois de juillet. Les prix se sont stabilisés ensuite à des niveaux élevés en août et début septembre.
La pression exercée par le commerce mondial et l’industrie manufacturière sur la demande de fret aérien reste positive à court terme, avec un PMI mondial au plus haut depuis trois mois, un rebond notable des commandes à l’export en Asie et en Europe, et des stocks américains bas qui appellent un réapprovisionnement.
Toutefois, sur l’ensemble de 2026 par rapport à 2025, le conflit au Moyen-Orient reste un facteur de ralentissement majeur. L’OMC (WTO) prévoit une croissance du commerce mondial de +1,9 % en 2026, contre +4,6 % en 2025. D’autre part, une nouvelle escalade du conflit pourrait peser sur les prix de l’énergie, et affecter la croissance de l’économie mondiale.
Alors que l’étau s’est resserré autour du e-commerce transfrontalier, aux États-Unis en 2025 puis en Europe en 2026, pour endiguer l’afflux de petits colis en provenance notamment de Chine, l’industrie du fret aérien peut en revanche compter sur un relais de croissance puissant : l’acheminement de biens liés au développement de l’intelligence artificielle.
Offre
Les compagnies aériennes sont confrontées à une très forte hausse des coûts, liée à l’explosion du prix du kérosène. Jusqu’à présent, elles ont plutôt réussi à répercuter ces augmentations par le biais des surcharges carburant, et à maintenir des taux de fret élevés, grâce à une maîtrise des capacités. La capacité tout cargo déployée sur l’e-commerce vers l’Europe a été en partie réorientée vers le transpacifique après l’introduction de la nouvelle législation européenne sur les petits colis.
La reprise du conflit Iran-USA a repoussé le baril au-dessus de 100 $ début septembre, ce qui laisse présager de nouvelles hausses des surcharges carburant, au moment où la saison haute démarre.
Globalement, le marché entre dans le pic saisonnier sur une base de demande solide mais moins dynamique qu’en début d’année, une offre disciplinée, et des coûts de carburant sous tension.