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Fret aérien : la croissance s’amplifie en mai

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Publié le 08/07/2026
Modifié le 08/07/2026
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Fret aérien : la croissance s’amplifie en mai

La demande mondiale de fret aérien a progressé de 6,0 % sur un an en mai 2026, portée par l’Asie et l’Amérique du Nord. Les taux de fret sont orientés à la hausse, ce qui a conduit l’IATA à revoir à la hausse ses prévisions 2026. Le chiffre d’affaires global pour l’activité cargo des compagnies aériennes est désormais attendu à 162 milliards de dollars.

1/ Offre et demande

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* FTK : tonnes‑kilomètres de fret – Source des données : IATA.

  • Demande

La demande mondiale de fret aérien, exprimée en tonnes-kilomètres de fret, a connu une croissance de 6,0 % en mai 2026, en glissement annuel, amplifiant la trajectoire positive d’avril (+4%). Sur les liaisons internationales uniquement, la hausse atteint même 6,5%.

Le conflit dans le golfe Persique continue à pénaliser les compagnies du Moyen-Orient, qui affichent un nouveau repli de 8,9% en glissement annuel, certes bien moindre comparé à mars (-54,2%) et avril (-18,2%). La croissance du mois de mai profite essentiellement aux compagnies nord-américaines et asiatiques, « qui ont généré ensemble plus de 1,2 milliard de CTK supplémentaires », souligne l’Association du transport aérien international (IATA). Les compagnies européennes apportent également une contribution honorable à la croissance du trafic. Quant aux compagnies africaines, elles détiennent la palme de la progression en pourcentage, mais sur une base nettement plus faible en termes de volumes.

  • Offre

Autre fait marquant du mois de mai : les capacités ont renoué avec la croissance, après deux mois de baisse imputable au conflit du Moyen-Orient. L’offre a globalement progressé de 1,9%, et de 2,8% sur les liaisons internationales, notamment grâce à une augmentation significative des capacités de la part des compagnies asiatiques et nord-américaines.

La croissance des capacités est inférieure à celle du trafic, ce qui permet une amélioration du coefficient de remplissage, qui s’établit à 46,3% en mai (52,4% sur les liaisons internationales).

  • Cumul annuel

Malgré les perturbations liées au conflit du Moyen-Orient, le marché du fret aérien reste en croissance en cumul annuel à fin mai, avec une hausse des volumes de 4,1% (+4,4% à l’international).

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* FTK : tonnes‑kilomètres de fret – Source des données : IATA.

2/ Évolution par corridor

  • Asie-Amérique du Nord : la croissance de la demande sur cet axe majeur s’est fortement accélérée. « Elle a enregistré le rythme de progression le plus élevé parmi les principaux corridors, soulignant l’importance persistante des flux transpacifiques liés à l’industrie manufacturière et au commerce électronique », souligne l’IATA.

  • Europe-Asie : la croissance constatée depuis plusieurs mois sur cet axe se maintient, avec une décélération qui intervient après des niveaux de progression exceptionnellement élevés.

  • Intra-Asie : la dynamique reste très favorable sur ce corridor, soutenue par le développement de véritables réseaux de production régionaux et l’intégration dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

  • Moyen-Orient : le conflit au Moyen-Orient affecte les corridors impliquant cette région. Le trafic entre l’Europe et le Moyen-Orient, ainsi qu’entre le Moyen-Orient et l’Asie, s’est contracté, les perturbations du réseau ayant entravé les flux transitant par les principaux hubs.

3/ L’évolution des prix

Les perturbations au Moyen-Orient continuent à produire un effet inflationniste sur les taux de fret aérien. La recette unitaire moyenne a augmenté de 0,3 % par rapport au mois précédent et de 37,9 % en glissement annuel, atteignant 3,25 $/kg.

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Source : Upply

Cette évolution reflète d’abord en partie les tensions sur l’approvisionnement en carburant. Certes, en glissement annuel, le prix du kérosène a diminué de 16,3 %, mais il reste 93,5 % au-dessus des niveaux de 2025 et surtout, l’offre de kérosène est restée limitée, en raison des perturbations de la production dans les raffineries.

Mais surtout, la demande de transport aérien a progressé dans des proportions bien plus importantes que l’offre, ce qui a placé les compagnies aériennes dans une position favorable pour négocier des tarifs à la hausse.

Les données de WorldACD pour le mois de juin montrent que les taux de fret se maintiennent à un niveau élevé, malgré une augmentation des capacités. Et même lorsque la croissance de l’offre est supérieure à celle de la demande, le marché spot résiste, ce qui révèle une certaine fébrilité sur le marché. « Pour que les tarifs redescendent de manière significative vers leurs niveaux d’avant-guerre, il faudra sans doute que la trêve actuelle entre les États-Unis et l’Iran dure suffisamment longtemps pour qu’elle permette un retour à une véritable stabilité tant sur le marché du fret aérien que sur celui du transport aérien de passagers », estime WorldACD.

4/ Tendances et perspectives

Les perspectives pour l’industrie du fret aérien en 2026 se révèlent meilleures que prévu. Les fondamentaux restent assez solides. L’indice PMI mondial de la production manufacturière a atteint 53,5 en mai 2026, enregistrant l’un des niveaux les plus élevés de ces dernières années même si la hausse est modeste en glissement mensuel (+ 0,1 point). L’évolution de l’indice des nouvelles commandes à l’exportation tempère l’optimisme, puisqu’il est resté pour le deuxième mois consécutif en-dessous du seuil d’expansion, à 49,6 au mois de mai. Cependant, malgré ce contexte global, le fret aérien tire son épingle du jeu, porté notamment par le dynamisme de la demande au départ d’Asie et par des secteurs spécifiques en forte croissance comme le e-commerce.

L’IATA a d’ailleurs revu nettement à la hausse ses prévisions financières pour l’activité cargo des compagnies aériennes en 2026. Dans ses projections de juin, elle prévoit un chiffre d’affaires cargo de 162 milliards de dollars, en hausse de 7,3% par rapport à 2025, alors qu’elle ne prévoyait que 1,9% de croissance en décembre dernier.

  • Cette croissance est directement liée à la hausse des prix : alors qu’elle anticipait un déclin de 0,5% de la recette unitaire moyenne, l’IATA table désormais sur une augmentation de 6,5%, à 56,8 USD cts par tonne-kilomètre transportée.

  • La croissance du trafic devrait en revanche rester modérée. L’IATA annonce une progression de 0,2% en glissement annuel, avec un total de 71,7 millions de tonnes. La demande de fret aérien exprimée en tonnes-kilomètres transportées devrait pour sa part croître de 0,7%, à 285,1 milliards. Un chiffre nettement en deçà des 2,6% de croissance annoncée en décembre.

Anne Kerriou

Responsable éditoriale

Diplômée de l'École Supérieure de Journalisme de Lille, Anne a exercé l’essentiel de sa carrière dans la presse spécialisée Commerce international & Logistique, avant de rejoindre Upply.