La tendance à l’augmentation des prix du transport routier en Europe, amorcée au premier trimestre s’est confirmée et étendue au deuxième trimestre. La cause principale est connue : le déclenchement du conflit en Iran, le 28 février 2026, a provoqué une forte hausse du prix du carburant qui a fait flamber les coûts d’exploitation des transporteurs.
Alors que le président Trump évoquait au début des frappes une opération de 4 à 6 semaines, le conflit s’est enlisé. Au deuxième trimestre, les prix du diesel dans l'Union européenne se sont établis en moyenne à 1,94 euro le litre, en hausse de 12 % par rapport au trimestre précédent et de 27 % en glissement annuel. Ils ont atteint un pic à 2,19 euros en avril avant de redescendre à 1,76 euro au cours de la dernière semaine de juin, soit 17 % de moins qu'à la fin du premier trimestre.
Alors que l’effet du conflit ne s’était fait sentir que sur le marché contractuel au premier trimestre, l’onde de choc s’est désormais propagée au marché spot :
L'indice des taux de fret routier contractuels en Europe s’élève à 148,0 au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 7,9 points par rapport au premier trimestre 2026 et de 15,2 points par rapport au deuxième trimestre 2025.
L’indice des taux de fret routier européen spot a quant à lui atteint 146,8 points, ce qui représente une augmentation de 14,6 points en glissement trimestriel et de 13,9 points en glissement annuel.
Source des données : Upply
« Le deuxième trimestre confirme un changement structurel sur le marché européen du fret routier. Après trois trimestres de divergence, les tarifs contractuels et spot évoluent à nouveau de concert, sous l’effet des pressions sur les coûts plutôt que de la demande de fret », note Thomas Larrieu, CEO d’Upply.
La demande est en effet restée très modérée. Les volumes de fret routier échangés entre les principales économies de l'UE ont reculé de 1,6 % en glissement annuel au deuxième trimestre. Les baisses les plus marquées ont été enregistrées sur deux des principaux axes, Allemagne-France (-3,9 %) et Espagne-France (-3,6 %), partiellement compensées par l'axe Allemagne-Pologne (+1,5 %).
Le recul global est nettement moins marqué qu’au premier trimestre, où les volumes accusaient un repli de 8%, ce qui semble indiquer une stabilisation des volumes plutôt qu'une détérioration. Néanmoins, il est clair que la hausse des prix n’a pas été tirée par la demande, l’économie européenne restant dans une situation difficile.
Au premier semestre 2026, le secteur du transport routier de marchandises a été confronté à un nouveau choc majeur : le conflit au Moyen-Orient et ses répercussions sur les prix du carburant, un poste de coût majeur pour les transporteurs. Quatre ans après le déclenchement de la guerre en Ukraine, une nouvelle poussée inflationniste majeure frappe le secteur, avec une flambée des coûts qui fragilise la trésorerie des transporteurs malgré les mesures d’aides gouvernementales, et une montée des prix qui affecte les chargeurs.
À ce jour, compte tenu de l’enlisement du conflit, aucun signe de détente n’apparaît. Les prix devraient donc encore se maintenir à des niveaux élevés dans le 2e partie de l’année en raison de l’augmentation des coûts. La demande, elle, devrait restée modérée. En effet, en relançant l’inflation, le conflit au Moyen-Orient pèse sur la consommation des ménages et les investissements des entreprises, ce qui a affaibli les perspectives de croissance, notamment en Europe où les prévisions étaient déjà moroses.
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> Télécharger le rapport sur les taux de fret routier européens au 2e trimestre 2026 (en anglais)