Sans surprise, au mois de mars 2026, la France a été percutée par le choc de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Cette guerre, déclenchée fin février, a immédiatement fait flamber les prix de l’énergie, bousculant une économie française déjà fragile, ainsi que tout l’écosystème européen.
Mars 2026 marque donc un véritable tournant, dont les conséquences sont déjà considérables pour l’économie en général et le transport routier en particulier. La hausse brutale des prix du pétrole et du gaz, directement liée aux tensions persistantes au Moyen-Orient, exerce une pression considérable sur le pouvoir d’achat des Français. Cette situation contribue à une reprise de l’inflation, qui affecte fortement les ménages.
Dans ce contexte, la consommation, traditionnellement moteur de la croissance économique en France, demeure faible. Parallèlement, l’investissement des entreprises est freiné par un climat d’incertitude prolongée, illustrant la difficulté d’engager des dépenses dans un environnement aussi instable.
Dans ce contexte, les prix du transport routier en France ont étonnamment stagné. Ils affichent une toute petite progression de 0,1 % en mars 2026 par rapport au mois précédent. Malgré l’affolement des cours du pétrole, et leur répercussion quasi-immédiate sur le gazole à la pompe, la répercussion sur les prix du transport routier tarde donc à se manifester.
Source : Upply Freight Index – Route France
Les variations des coûts du transport routier dépendent étroitement de l’évolution du prix du gazole professionnel. À la demande du ministre des Transports, Philippe Tabarot, et des organisations professionnelles du transport routier, le Comité national routier (CNR), qui publie habituellement les indices gazole professionnel à un rythme mensuel, est passé à une périodicité bimensuelle. Ce suivi illustre l’amplitude et la brutalité de la hausse des prix du gazole. Pour la première quinzaine de mars, l’indice gazole professionnel a progressé de plus de 23%, passant de 193 à 238. Pour la seconde quinzaine, l’indice a encore augmenté de plus de 8%, grimpant à 258. Sur l’ensemble du mois, l’indice a enregistré une hausse de 28%.
La répercussion de la flambée des coûts du carburant subie au mois de mars se traduira très certainement dans les prix en avril, mais il y a fort à parier qu’elle ne couvrira pas l’entièreté de la hausse et des points de marges seront définitivement perdus pour les transporteurs (...)