Market Insights

Panorama financier 2026 des principaux groupes de transport mondiaux

Rédigé par Anne Kerriou | 30 juillet 2026

En 2025, les taux de fret ont été affectés par le contexte géopolitique dans le transport aérien et maritime, alors qu’ils sont restés relativement stables dans le transport routier européen. L’évaluation de la demande et l’ajustement consécutif des capacités sont un exercice de plus en plus complexe.

1/ Un taux de croissance stable

En 2025, la croissance du PIB mondial s’est établie à +2,9%, selon les données de la Banque mondiale, et à 1,8% pour les économies avancées.

  • Au sein des économies avancées, on a constaté un ralentissement aux États-Unis, où le taux de croissance est passé de +2,8% à +2,1%. La zone euro a en revanche progressé avec une augmentation de 1,4% du PIB contre 1,0%, l’année précédente, tandis que le Japon est passé d’une récession de 0,2% à une hausse de 1,1%.
  • Les économies émergentes et les marchés en développement ont pour leur part connu une progression de 4,4%, toujours stimulée par la Chine, qui maintient un taux de croissance à +5% et surtout par l’Inde, où la progression passe de +7,1% en 2024 à +7,7% en 2025.

2/ Un certain dynamisme du commerce

Selon l’Organisation mondiale du commerce, le commerce mondial de biens a progressé de 4,6% en volume en 2025. Un chiffre en nette hausse par rapport aux +2,7% de 2024. La progression de 2025 a été nourrie par la demande en produits liés au développement de l’intelligence artificielle. Dans le même temps, les prix des biens ont augmenté d’environ 2%, ce qui conduit à une croissance globale de 7% des échanges de biens en valeur.

  • L’Asie est restée le moteur des exportations avec une croissance de 9,5% en volume, et ce à partir d’une base de référence déjà importante, tandis que ses importations ont crû de 6,1%.
  • L’Amérique du Nord a connu une croissance de 3,1% des exportations en volumes, et un taux identique pour ses importations.
  • L’Europe est le seul continent à avoir subi un déclin de ses exportations en volumes (-0,5%), tandis que ses importations ont augmenté de 2,1%.

L’année 2025 n’a pourtant pas été simple pour les acteurs du commerce mondial. La nouvelle administration Trump a en effet lancé une nouvelle politique commerciale très agressive, qui s’est traduite par l’instauration de droits de douane massifs. Pour autant, le commerce mondial ne s’est pas effondré. Tout d’abord, les États-Unis ont dû temporiser considérablement par rapport à leurs projets initiaux, notamment avec la Chine qui a vigoureusement riposté. D’autre part, l’annonce de cette politique a au contraire engendré des pics d’activité, notamment au premier semestre, en raison d’une anticipation des commandes. Enfin, le dynamisme de certains secteurs d’activité, et notamment des produits en lien avec le développement de l’IA, a suffi à stimuler la croissance.

3/ Évolution contrastée des prix de transport

La guerre commerciale a eu des effets contrastés sur les prix du transport international.

  • Dans le fret aérien, cette situation a permis de contenir la baisse des taux qui était attendue, en raison d’une augmentation des capacités liée au développement des réseaux de transport de passagers, et donc de l’offre cargo disponible en soute de ces appareils. Les pics de demande de dernière minute suscités par les « stop and go » de la politique douanière américaine se sont révélés plutôt favorables au fret aérien : les chargeurs se sont tournés vers ce mode réactif pour constituer des stocks en urgence, avant l’augmentation des droits de douane, comme on le constate en particulier sur le transatlantique. Le secteur a aussi profité de la croissance de certains segments porteurs comme l’e-commerce ou les produits technologiques.
  • Les compagnies maritimes, en revanche, ont aussi tiré leur épingle du jeu sur le transatlantique mais cela n’a pas suffi à compenser l’érosion sur l’Asie-Europe et le Transpacifique. Ce déclin s’explique par la logique classique de l’équilibre offre-demande : les compagnies maritimes prennent actuellement livraison des nombreux navires commandés durant la période post-Covid, et la demande ne suffit pas à absorber cette capacité nouvelle. En 2024, les attaques des Houthis en mer Rouge avaient désorganisé les chaînes logistiques en imposant un contournement par le cap de Bonne-Espérance, et cette instabilité avait permis aux compagnies maritimes d’augmenter les prix. Mais la situation ne s’est pas reproduite en 2025, les nouvelles routes maritimes allongées étant désormais intégrées dans la planification des supply chains.
  • Le marché du transport routier européen reflète quant à lui la croissance toujours modeste de la zone euro, malgré l’amélioration par rapport à 2024. L’absence de redémarrage du « moteur allemand » pèse sur l’ensemble de l’activité économique. Les prix du transport routier ont globalement augmenté de 2% en glissement annuel sur l’ensemble de l’année (+3% sur le marché spot).

Source : Upply ; prix facturés, spot et contractuels.

4/ Perspectives

Avant le début du conflit actuel au Moyen-Orient, l’Organisation mondiale du commerce anticipait déjà un ralentissement de la croissance du commerce de marchandises (+1,9 %), avant une remontée à + 2,6 % en 2027. Mais dans ses prévisions actualisées en mars, elle n’exclut pas désormais une croissance du volume du commerce mondial de marchandises limitée à 1,4 % cette année (puis 2,8 % l’année suivante). La Banque mondiale, dans ses prévisions de juin, estime quant à elle que la croissance du commerce de biens et de services, en valeur, pourrait passer de 4,8% en 2025 à 2,9% en 2026. Une décélération qu’elle explique par « la fin du phénomène de commandes anticipées, l’impact différé des droits de douane et les effets du conflit au Moyen-Orient, notamment les perturbations liées à la fermeture du détroit d’Ormuz ». La seule lueur d’espoir, citée par l’OMC comme par la Banque mondiale, vient de la demande pour les produits liés à l’intelligence artificielle, qui pourrait rester soutenue contre vents et marées.

La situation a d’ores et déjà un impact sur les prix de transport. Au printemps 2026, les taux de fret sont repartis à la hausse dans le transport maritime. C’est aussi le cas dans l’industrie du fret aérien, où l’IATA a relevé les prévisions de croissance du chiffre d’affaires cargo des compagnies aériennes pour 2025, tout en maintenant des prévisions de volumes atones. Enfin, dans le transport routier de marchandises, la flambée des prix du carburant se répercute également dans les prix de transport, même si là aussi, les perspectives en volumes sont assez peu favorables. En relançant l’inflation, le conflit au Moyen-Orient pourrait en effet avoir un impact sur la consommation des ménages et les investissements des entreprises, alors que l’économie européenne est prise en étau dans la guerre commerciale sans merci entre la Chine et les États-Unis.

 

AU SOMMAIRE

  • Les grandes tendances du marché transport et logistique en 2025
  • Les principaux groupes mondiaux du transport et de la logistique
  • Panorama du transport maritime
  • Panorama du fret aérien
  • Panorama du transport routier

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