Dans ses prévisions actualisées en janvier 2026, la Banque mondiale se montre un peu plus optimiste que six mois plus tôt. Tout d’abord, l’estimation de croissance du PIB pour 2025 est revue à la hausse (+0,4 point). « L'économie mondiale s'est révélée nettement plus résiliente que prévu, malgré l'escalade historique des tensions commerciales et l'incertitude politique qui ont marqué l'année dernière », constate la Banque mondiale.
Cette bonne nouvelle s’explique en partie par un effet d’anticipation des commandes qui a dopé les échanges commerciaux avant l’introduction des droits de douane additionnels aux États-Unis, mais aussi par « un assouplissement des conditions financières mondiales et une forte augmentation des investissements liés à l'intelligence artificielle ».
La Banque mondiale estime cependant que ces facteurs de soutien devraient s’estomper, d’où une légère décélération de la croissance du PIB attendue en 2026 en particulier « sous l'effet d'un ralentissement notable de la demande en matière d’échanges de biens ».
Toutes les institutions mettent en garde sur le fait que les perspectives économiques mondiales sont assombries par un degré élevé d'incertitude. La guerre commerciale affectera la croissance pour plusieurs raisons. D’une part, l’effet des droits de douane pourrait se faire sentir davantage en 2026, au fur et à mesure qu’ils sont répercutés dans les prix, ce qui réduira « la croissance de la consommation des ménages et des investissements des entreprises », indique l’OCDE. En 2025, les entreprises ont en partie absorbé les augmentations liées aux droits de douane dans l’attente d’un cadre plus stable, mais cette position n’est pas tenable dans la durée. D’autre part, l’activation potentielle d’autres types de barrières commerciales, comme les restrictions à l’exportation, en cas de nouvelle escalade dans la guerre commerciale, est susceptible d’affecter également la croissance. Les tensions géopolitiques et les conflits pourraient aussi perturber le commerce mondial et les marchés des matières premières.
Parmi les économies avancées, la zone euro restera à la traîne par rapport aux États-Unis, avec une augmentation du PIB qui devrait atteindre seulement 0,9% en 2026, selon les prévisions de la Banque mondiale. Le FMI est plus optimiste avec une estimation à +1,3%, mais il pointe quand même des « conditions structurelles défavorables ». La zone euro « bénéficie moins que d’autres régions du récent essor de l’investissement tiré par le secteur technologique », estime le FMI. D’autre part, les conséquences durables du renchérissement continu de l’énergie depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie continueront de peser sur l’industrie manufacturière.
La Commission européenne, dans ses prévisions publiées à l’automne 2025, table pour sa part sur une croissance de 1,2% en 2026 pour la zone euro, et de 1,4% pour l’Union européenne.
Parmi les grandes économies européennes, l’Espagne et la Pologne resteront les locomotives de la croissance, avec une décélération pour la première et une accélération pour la seconde. Dans les deux cas, la consommation privée, notamment, devrait soutenir la progression (...)
1/ Un rythme de croissance global en légère décélération
2/ Une économie européenne toujours à la traîne
3/ Une inflation contrastée
4/ Un bouleversement du commerce mondial
→ Un impact économique→ Un impact géopolitique