Market Insights

France : stagnation des prix du transport routier en août

Rédigé par William Béguerie | 18 septembre 2026

BAROMÈTRE. En août 2026, le carburant a bondi de près de 10 % mais les prix du transport routier ont stagné, fragilisant la trésorerie des entreprises du secteur.

Août 2026 est le mois le plus chaud jamais mesuré dans le monde, et la France n’a pas été épargnée. Les canicules à répétition (83 jours sur 92 entre le 1er juin et le 31 août), la sécheresse consécutive (80% du territoire sous restriction d’eau) et les incendies monstres ont traumatisé les populations locales et perturbé l’économie.

Certes, l’indicateur synthétique du climat des affaires, calculé par l’Insee à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité marchands, s’est amélioré au mois d’août : à 99, il gagne un point par rapport à juillet et enregistre un troisième mois de hausse consécutif, principalement grâce à des perspectives de production favorables dans l’industrie et à une amélioration dans l’ensemble constitué du commerce de détail et du commerce et de la réparation d’automobiles.

Mais une fois encore, l’inflation s’est invitée à la table des Français, poussée par la guerre au Moyen-Orient. Selon l’Insee, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % en août en glissement annuel, principalement en raison de la flambée des prix de l’énergie (+16,7%), et en particulier des produits pétroliers. Les produits frais affichent également une hausse significative de 5,8%. L’augmentation de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a atteint 2,7 %, confirmant une pression inflationniste qui pèse sur le pouvoir d’achat.

Le transport routier en première ligne dans la crise

Pour les entreprises aussi, l’augmentation des prix des énergies est source d’inquiétude, et l’activité des transporteurs routiers est évidemment particulièrement exposée, compte tenu du poids du carburant dans les coûts. Cette inquiétude transparaît dans l’indice du climat des affaires dans le transport routier de marchandises, en repli de 1,7 point en août par rapport au mois précédent, notamment en raison d’une forte dégradation des perspectives concernant l’évolution du chiffre d’affaires et celle de la demande.


Source : Insee

Pour aider les entreprises et les ménages, le gouvernement a mis en place des mesures de soutien économique, mais le contexte budgétaire limite les marges de manœuvre. Avec l’envolée des prix des carburants, qui s’est encore aggravée début septembre, le mécontentement croît et le spectre des gilets jaunes a refait surface.

Les transporteurs routiers estiment eux aussi que le compte n’y est pas. « Alors que cinq mois d’aides auraient déjà dû être versés aux transporteurs, dans les faits 70 % des entreprises n’ont perçu qu’un seul mois de versement et 30 % n’ont encore reçu aucune aide », indique l’OTRE dans un communiqué publié le 10 septembre. « Sans augmentation des prix de transport, sans application effective de l’indexation et sans versement immédiat des aides promises, leur survie économique et la pérennité du secteur sont directement menacés », avertit l’OTRE.

Une atonie des prix de transport lourde de menaces

Dans ces conditions très pesantes, on constate en effet que les prix du transport routier en France n’ont affiché qu’une très légère hausse de 0,1% en août par rapport au mois précédent (...)

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