* FTK : tonnes‑kilomètres de fret – Source des données : IATA.
La demande mondiale de fret aérien, exprimée en tonnes-kilomètres de fret, a progressé de 4,4 % en glissement annuel, et de 5,3 % sur les seules liaisons internationales. La croissance accélère par rapport à juillet (+3,9 %) et profite aux compagnies aériennes de toutes les zones géographiques. Elle reste toutefois concentrée sur les compagnies d’Amérique du Nord et d’Asie-Pacifique, qui génèrent à elles seules 72 % de la hausse du trafic mondial selon l’IATA. Les compagnies nord-américaines, en particulier, affichent la plus forte progression à l’international (+10,1 %).
Offre
La capacité, mesurée en tonnes-kilomètres de fret disponibles, a reculé de 0,1 % globalement par rapport à août 2025, et n’a progressé que de 0,1 % pour les opérations internationales. Cette contraction s’explique par la réduction de capacités opérée par les compagnies européennes (-3,5 %) et nord-américaines (-2,5 %). Cela correspond à un retrait cumulé d’environ 756 millions de tonnes-kilomètres disponibles. Le coefficient de remplissage a ainsi gagné 2 points globalement pour atteindre 46 %, et 2,6 points à l’international (51,3 %).
Cumul annuel
En cumul annuel à fin août, le trafic mondial de fret aérien affiche une croissance de 4,6 %, pour une offre en hausse de 1,5 %. Seules les compagnies du Moyen-Orient, directement affectées par la guerre dans le golfe Persique, affichent un recul (-6,5 %) : l’érosion de trafic subie entre mars et juin n’a pas encore été compensée par les résultats de janvier, février, juillet et août.
* FTK : tonnes‑kilomètres de fret – Source des données : IATA.
En août, le cours moyen du Brent s’est établi à 90,8 $/baril, en hausse de 8,9 % sur juillet et de 33,1 % sur un an, sur fond de perturbations persistantes des approvisionnements dans le golfe Persique. Les tensions sur le raffinage ont amplifié le choc : le prix mondial du kérosène a atteint 157 $/baril, en hausse de 8,3 % sur un mois et de 79,2 % en glissement annuel, son plus haut niveau pour un mois d’août depuis 13 ans. Cette hausse se répercute sur les surcharges carburant, et par voie de conséquence sur les taux de fret. Selon l’IATA, la recette unitaire moyenne a progressé de 1,3 % sur un mois, mettant fin à trois mois de baisse, et de 24,9 % en glissement annuel.
Les données de WorldACD confirment le niveau élevé des prix. En août, les taux moyens mondiaux, spot et contrats confondus, étaient supérieurs de 22 % à ceux d’août 2025, contre +24 % en juillet, +33 % en juin et +37 % en mai. Sur les corridors suivis par Upply, les taux de fret sont pour leur part restés globalement stables en août par rapport à juillet, avec des variations comprises entre -2,2 % (Europe/Moyen-Orient) et +3,5 % (Europe/Amérique du Nord, côte Est).
La demande est restée bien orientée. En août, le PMI manufacturier mondial (production) a atteint 53,0, et l’indice des nouvelles commandes à l’export a gagné 1,4 point à 51,4 : les deux indicateurs sont donc restés en zone d’expansion. Les volumes du commerce mondial de marchandises ont quant à eux affiché une hausse de 6 % sur un an en juillet, selon le CPB World Trade Monitor. En septembre, les chargeurs ont en outre accéléré leurs expéditions en prévision de la Golden Week chinoise (1er-7 octobre 2026).
Sur l’ensemble de 2026, le conflit au Moyen-Orient pèse sur les échanges, mais l’essor des investissements dans l’intelligence artificielle l’emporte. Dans sa mise à jour d’octobre, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a fortement relevé sa prévision de croissance du commerce mondial de marchandises en volume, à +3,9 % en 2026 contre +1,9 % prévu en mars, après +4,2 % en 2025. Elle table sur +4,1 % en 2027. Les biens liés à l’IA (semi-conducteurs, équipements pour centres de données…) ont représenté 47 % de la croissance du commerce mondial de marchandises en valeur au premier semestre 2026. Ce scénario suppose toutefois une résolution rapide du conflit au Moyen-Orient : une nouvelle escalade pourrait peser sur les prix de l’énergie, tandis qu’un ralentissement des investissements dans l’IA aurait un impact significatif sur les échanges.
Offre de transport aérien
Après un net repli en mai et juin, les prix du kérosène sont repartis à la hausse. Jusqu’à présent, les compagnies aériennes ont plutôt réussi à répercuter ces augmentations grâce au mécanisme des surcharges carburant, et à maintenir des taux de fret élevés. Cela tient aussi à leur gestion prudente des capacités, comme en témoigne le recul de l’offre des compagnies européennes et nord-américaines en août.
La pression ne faiblit pas : les prix du kérosène ont atteint en septembre leur plus haut niveau depuis six mois. De nouvelles hausses des surcharges carburant sont donc à prévoir, au moment où la saison haute démarre.
Les compagnies aériennes parviennent jusqu’ici à limiter l’impact de la hausse des coûts, même si leurs marges restent sous pression. L’évolution de la demande sera un point crucial dans les semaines et les mois qui viennent. L’inflation est en effet fortement repartie à la hausse dans les économies occidentales (3,8 % sur un an en septembre dans la zone euro, 3,4 % en août aux États-Unis), ce qui pourrait peser sur la consommation des ménages et les investissements des entreprises. L’essentiel de la croissance repose aujourd’hui sur le "moteur IA".