Selon l’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France publiée le 10 mars 2026, la croissance du produit intérieur brut en France pour le premier trimestre devrait osciller entre 0,2% et 0,3%, soutenue notamment par les services marchands. Toutefois, « cette prévision technique est soumise à un aléa baissier, lié au conflit au Moyen‑Orient, pouvant perturber les chaînes d’approvisionnement et augmenter les coûts de l’énergie sur le mois de mars », avertit la Banque de France.
En février, la production industrielle a poursuivi sa progression à un rythme globalement conforme aux anticipations des chefs d’entreprise. On constate cependant des déceptions dans certains secteurs qui sont traditionnellement d’importants pourvoyeurs de flux pour le transport routier de marchandises. « Certaines activités enregistrent un repli ou une progression limitée, alors qu’une hausse plus marquée était attendue. C’est notamment le cas de l’automobile, pénalisée par la contraction du marché intérieur et des difficultés ponctuelles d’approvisionnement, ainsi que de la pharmacie et de la métallurgie », détaille l’enquête de la Banque de France. À l’inverse, les secteurs de la chimie, des machines et équipements, et de la fabrication de produits informatiques‑électroniques‑optiques, soutiennent la croissance, tandis que la demande de composants reste dynamique, notamment dans les secteurs de la santé, des télécommunications et de la défense.
Dans le bâtiment, l’activité a progressé en février à un rythme supérieur à sa moyenne de long terme, mais les entrepreneurs anticipent un net ralentissement de l’activité en mars.
Les incertitudes et la morosité se reflètent dans le climat des affaires mesuré par l’Insee. En février, l’indicateur synthétique du climat des affaires en France a quasiment perdu deux points. À 97,4, il s’éloigne de sa moyenne de longue période. Il reste supérieur au seuil des 100 dans l’industrie mais inférieur dans le bâtiment, les services et le commerce de détail.
L’instabilité politique, depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, aggrave ce climat d’incertitude, poussant les acteurs économiques à l’attentisme. Les tensions géopolitiques, notamment les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, vont très probablement alimenter encore un peu plus l’incertitude et renforcer cet attentisme.
Malgré la légère croissance, le marché du transport routier en France a dévalé une pente abrupte en ce début d’année, les prix s’effondrant de 1,6% en glissement mensuel. Ce n’est plus le léger repli constaté en janvier mais bien une véritable dégringolade. Un tel retrait n’avait pas été observé depuis août 2024.
Source : Upply Freight Index – Route France
Dans ce contexte, le déclenchement du conflit en Iran est une très mauvaise nouvelle, pour les transporteurs routiers comme pour les chargeurs, avec une menace bien réelle de stagflation. Alors que la baisse des volumes est déjà là, les menaces inflationnistes sont de retour. Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, en riposte aux frappes militaires israélo-américaines, a immédiatement fait bondir les prix du pétrole, avec un baril projeté à plus de 100$, et par voie de conséquence les prix du diesel.
Sur la première semaine du mois de mars 2026, le CNR observe une augmentation d’environ 20% du gazole professionnel. Cette hausse induit un renchérissement de plus de 4% en une seule semaine du coût de revient total d’un véhicule en longue distance.