Dans la lignée du mois de janvier, les compagnies maritimes ont connu un mois de février morose qui n’a pas permis d’endiguer les taux de fret. Mais un événement susceptible de modifier la donne est intervenu au dernier jour du mois. Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire contre l’Iran, qui a riposté par des tirs de missiles visant notamment des bases américaines. Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs ordonné aux navires commerciaux de cesser d’emprunter le détroit d’Ormuz, une route maritime stratégique.
Il est encore trop tôt pour évaluer la durée potentielle de ce conflit et des perturbations qu’il engendre, mais il est évident qu’il aura un impact important sur les chaînes logistiques et les prix de transport au premier semestre.
Le mois de février a été marqué par une longue litanie de baisses des taux spots sur les grands corridors est-ouest, malgré un programme record annoncé de blank sailings, dont le début coïncidera avec le redémarrage des usines en Chine après les festivités du Nouvel An lunaire. On peut donc s’attendre à un bras de fer entre les expéditeurs et les compagnies maritimes pour trouver de l’espace en sortie d’Asie dans un contexte d’offre restreinte. Toutes les compagnies avaient déjà annoncé pour mars des augmentations générales des taux de fret (GRI, General Rate Increase). La situation au Moyen-Orient devrait appuyer cette tendance.
Par ailleurs, le conflit au Moyen-Orient éloigne la perspective d'un retour progressif des navires par le canal de Suez courant 2026.