Market Insights

France : les prix du transport routier ont encore atteint des sommets

Rédigé par William Béguerie | 17 juillet 2026

BAROMÈTRE. Les prix du transport routier ont encore augmenté au mois de juin sur le marché français, et ils n’ont jamais été aussi élevés. Pourtant, dans un climat de stagflation qui revient, le transport routier de marchandises souffre, comme en témoignent les trésoreries fragilisées et les investissements en déclin. 

Alors que la dette publique de la France a atteint un niveau historiquement haut, dépassant les 3 536 milliards d’euros soit 117,5 % du PIB à la fin du premier trimestre 2026 selon les données de l’INSEE, la Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme. Elle souligne que « tous les signaux sont au rouge » et que l’exécution du budget 2026 s’annonce complexe, avec des incertitudes accrues à l’approche du vote du budget 2027 et des prochaines échéances électorales.

  • Des prévisions de croissance revues à la baisse

La Banque de France a par ailleurs revu à la baisse ses prévisions de croissance. Dans ses projections macro-économiques de juin 2026, elle évoque une hausse du PIB de 0,5% en 2026, révisée en baisse de 0,4 point par rapport aux projections de mars. En effet, l’inflation a reculé en juin grâce au ralentissement des prix de l’énergie, s’établissant à +1,8% contre +2,4% le mois précédent, mais elle reste très volatile, en raison de l’exposition de l’économie française aux chocs géopolitiques, et en ce moment précis au conflit du Moyen-Orient. Début juillet, la situation s’est à nouveau envenimée, après un cessez-le-feu précaire et une période de négociations chaotiques. La situation est donc loin d’être stabilisée, et cela rejaillit immédiatement sur les prix du pétrole.

Sur le plan monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux pour la première fois depuis trois ans, malgré une croissance atone dans la zone euro. Cette décision, prise dans un contexte d’inflation persistante (3 % en 2026), vise à stabiliser les finances publiques, mais elle pèse sur les ménages et les entreprises. Aux États-Unis, la Réserve fédérale a maintenu une posture ferme, évoquant une possible hausse des taux d’intérêt, après une inflation à 4,1% en mai 2026 et 3,5% en juin.

  • Un climat des affaires très en deçà de son niveau moyen

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que le climat des affaires, mesuré par l’Insee, reste maussade. Si l’indicateur synthétique rebondit légèrement, à 94, il reste très en deçà de son niveau moyen. Il se replie dans l’industrie et le bâtiment, confirmant un essoufflement de l’économie française, stagne dans les services et augmente légèrement dans le commerce de détail.

Dans le transport routier de marchandises, l'indice du climat des affaires s'est établi à 95 points en juin, révélant une situation générale défavorable. En mars et avril, les trésoreries ont particulièrement souffert de la hausse soudaine du prix du gazole, ce qui a fait chuter le solde d’opinion sur la trésorerie à son niveau le plus bas depuis 2006, inférieur même à celui observé pendant le premier confinement sanitaire de 2020.

Source : Insee

Une hausse des prix de transport persistante mais plus modérée

Les prix du transport routier en France ont continué leur progression en juin, affichant une hausse de 0,7%. Il s’agit de la quatrième hausse consécutive, ce qui confirme la tendance inflationniste des coûts du transport en 2026. L’augmentation des prix du transport montre cependant une décélération, puisque la hausse avait atteint 7,4% en avril et 1,9% en mai. La relance du conflit au Moyen-Orient, avec son impact immédiat sur le prix du pétrole, pourrait cependant enrayer la tendance.


Source : Upply Freight Index – Route France

 Conséquence logique de cette augmentation, même ralentie, les prix du transport routier ont battu un nouveau record en juin (...)

 

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