Logistique & Transports

Les prix de transport marquent le pas sur le marché français

25 avril 2019

Les prix du transport routier s’affichent en léger repli au cours du premier trimestre 2019, selon les données Upply. En glissement annuel, l’évolution reste positive, mais le fléchissement du secteur manufacturier, notamment en Allemagne semble avoir un réel impact.

L’observation des prix de transport routier issus de la base de données Upply indique clairement une pause dans la tendance haussière au cours des 3 derniers mois sur le marché français. On constate en effet une baisse moyenne des prix de -0,4% entre décembre 2018 et mars 2019, malgré une montée du prix du gazole qui, à lui seul, assure une inflation de 1,1%, selon les données du CNR. L’année dernière, au cours de la même période, les prix de transport affichaient en revanche une nette augmentation (+2,7%). 

Ce ralentissement est corroboré par la dernière enquête de conjoncture de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) qui porte également sur le premier trimestre 2019. Les chefs d’entreprises interrogés se montrent moins optimistes qu’au premier trimestre 2018 et revoient à la baisse les perspectives d’évolution de l’activité (-0,1% au 1er trimestre 2019 contre +1,5% au 1er trimestre 2018).

En glissement annuel, l’augmentation s’élève à 1,2% entre avril 2018 et avril 2019, ce qui correspond peu ou prou à l’impact de l’inflation liée au gazole.

L’évolution se révèle toutefois contrastée selon les axes. Sur un an, les prix de transport sont largement en hausse dans le Sud-Est : +7,3% au départ du bassin lyonnais et +7,0% au départ du PACA. Au départ du Sud-Ouest, les prix affichent une légère augmentation sur 1 an (+0,3%). C’est en remontant vers le nord que les prix cette fois baissent, d’abord légèrement au départ des Pays de la Loire (-0,7%) et très franchement au départ des Hauts-de-France (-2,4%) et au départ de la région parisienne (-3,1%).

Mais à y regarder de plus près, on constate que ces écarts correspondent à la géographie des échanges de transport : l’arc qui part de Strasbourg et passe par Lille, Paris, Angers et Bordeaux est très largement caboté par les flottes des pays de l’Est au Nord et espagnoles au Sud. 

D’autre part, le coup d’arrêt à la montée des prix, qui frappe notamment le Nord de l’Hexagone, peut être directement corrélé à la réduction de la demande de transport européenne. Une diminution elle-même liée à un net ralentissement de l’activité en Europe, et en particulier en Allemagne. Selon l’indice PMI IHS Markit, le secteur manufacturier de la zone euro a enregistré sa plus forte contraction depuis presque 6 ans en mars 2019. « C’est l’Allemagne qui a connu les plus faibles performances, l’indice manufacturier allemand se repliant à un plus bas de plus de 6 ans et demi, suivie de l’Italie où le taux de contraction affiche un sommet de presque 6 ans. La France a renoué quant à elle avec la contraction, après une légère expansion en février », précise IHS Market.

Nous verrons dans les prochains mois si l’impact sur les prix de transport se confirme en 2019. Selon notre analyse, la baisse devrait toutefois rester limitée tant les facteurs d’inflation restent forts à moyen terme : vieillissement de la population des chauffeurs en Europe et non-recouvrement des départs à la retraite par les jeunes générations, augmentation de la masse salariale des chauffeurs de l’Est, ou encore taxation carbone, pour n’en citer que quelques-uns.

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Avec plus de 20 ans d'expérience internationale dans la Supply Chain, William est l'expert du transport routier d'Upply. Innovant et entrepreneur dans l’âme, il a successivement travaillé dans la gestion opérationnelle de divers secteurs - chimie, automobile, matériaux de construction, aussi bien en tant qu’expéditeur que prestataire de services.